Neuvage, bricolage et Transavia !

Quelques jours après le baptême du bateau à Porquerolles, nous avons pris la direction de la Corse embarquant les papi-mamie à bord.

J’avais repéré une belle fenêtre de début de mistral le 29 juin. Le temps de nous dégager des îles, le vent s’est vite établi à 20 nds avec des rafales allant jusqu’à 25 nds et une houle de 2m bien orientée s’est rapidement installée. Tous les éléments étaient réunis pour un run magnifique jusqu’à Calvi. Nous nous relayions à la barre avec papa et avons pris un pied phénoménal à engager le bateau dans les surfs et à garder la vitesse jusqu’à la vague suivante… J’ai quand même gagné le challenge vitesse avec une pointe à 18 nds  😉

Au bout de 3 heures, nous étions très en avance sur le routage et étions partis pour traverser en moins de 10h. Pour rester dans la bulle de vent nous avions un petit contre-bord d’une heure à faire. En pleine euphorie, je décide d’envoyer le premier empannage (virement vent arrière), conscient de la vitesse du bateau et du vent, je décide de me mettre très proche du vent arrière, chariot de grand voile au centre, on envoie… et patatras : le gennaker s’est déventé et n’a pas tourné, il s’est enroulé autour du solent (la petite voile d’avant qui reste à poste et qui tient aussi le mat) ….

Vent arrière, on empanne, réempanne, rien n’y fait, on a surement tiré un peu trop fort sur les écoutes, on a passé plus de 2 heures à tout tenter pour finalement sécuriser la bulle qui s’est formée au milieu de la voile avec une autre drisse et limiter les dégâts sur notre belle voile. Nous finirons la traversée sous grand voile seule au vent arrière… Fin du run et grosse angoisse à bord, on aurait dû faire comme-ci, comme-çà. A ce moment-là nous ne savions honnêtement pas ce que nous aurions dû faire.   

Le lendemain matin, au mouillage, je monte au mat pour dérouler la bulle par le bas, avec pour seul résultat de tétaniser des avant-bras, le papi fait une tentative par le milieu de la bulle, il ramènera l’antenne wifi qu’il a cassée mais pas mieux… Peu fier, je me résous à appeler les secours et donc le SAV Outremer. Stéphane me démoralise : pas de solution à Calvi, il faut emmener le bateau à Ajaccio sans garantie de sauver la voile… 7h de nav avec notre cocotier, ça ne fait vraiment pas marrer…

C’est le moment que notre bonne étoile a choisi pour nous envoyer un gars rigolard en paddle qui a pointé son nez à l’avant du bateau… « Vous êtes en galère ? » ben comment te dire…  « C’est facile, ça m’est arrivé en transat, suffit de décrocher la drisse par le haut ! » Bref, le mec monte à bord on se regarde un peu tous et c’est Marion qui monte en tête de mat. Elle a passé 2 h à dérouler dans un sens puis dans l’autre pour enfin libérer la voile que l’on a pu descendre sur le pont. Trop concentré à sécuriser Marion, je n’ai pas fait de photos mais l’image restera gravée en moi longtemps : ma chérie suspendue dans le vide au-dessus de la voile qui se regonflait c’était magnifique et tellement stressant à la fois. Chérie, je t’aime !

La voile va bien, elle ne présente aucune trace de cette galère. L’analyse des causes de l’accident a démontré que :

  • Cocotter un spi est arrivé à tous les marins
  • Nous n’aurions surtout pas dû tirer sur les écoutes et réempanner immédiatement
  • Nous aurions dû rester un peu plus loin du vent arrière et ouvrir le spi avant d’envoyer
  • Pour encore plus de sécurité, nous aurions pu dérouler tout ou partie du solent
  • En revanche il fallait éviter de rouler le gennak pour empanner dans ces conditions, il y a toujours un risque de cocotter

L’émotion est retombée et nous avons pu profiter de Calvi, de la citadelle et moi, me remémorer mon premier job. A 18 ans, j’avais préféré venir faire le moniteur de planche à voile et de cata plutôt que de finir les épreuves du bac… Les heures sombres de ma relation avec mes parents😇

Nous avons pris la route de Saint Florent avec un stop sur la belle plage de Saleccia malheureusement encombrée de déchets plastiques, nous en avons profité pour faire notre première collecte en portant les couleurs de The Sea Cleaners !

Sur la route de Saint Florent, Marion s’étonne que nous n’ayons plus d’eau dans le réservoir tribord que nous venions de remplir… Elle n’a pas fini sa phrase que l’alarme de pompe de cale se déclenche ! Je comprends vite que nous avons vidé 200 l d’eau dans la cale moteur ! La mamie a mal rangé la douchette de pont qui a explosé sous la pression… Avarie sans conséquence puisque nous avons trouvé de quoi réparer à Saint Florent mais bon ça aurait pu être un problème…

Retour à Calvi pour une escale rapide avant de prendre la route du sud et après quelques heures de moteur on prend un peu de vent 10, 12 puis une rafale à 15 nds, nous sommes sous code 0 (la belle voile noire) et le loop en dynema qui la tient par le bas explose…. Deuxième avarie de voile en 3 jours… Rien de grave, on roule tant bien que mal et je change la pièce que j’avais en spare mais bon c’est quand même bizarre.

Route du sud avec de jolis bords sur lesquels on lâche un très joli monocoque qui était venu nous chatouiller et puis le vent tombe. On met les moteurs pour la visite de Scandola au bout de quelques minutes, Marion me demande pourquoi je n’ai allumé qu’un moteur, bah j’ai du mal appuyer sur le bouton… En fait si mais le moteur ne veut plus démarrer…. Je serre un peu les fesses au milieu des falaises (le site est sublime) et j’appelle Girolata pour réserver une place pour la soirée afin d’être en sécurité. Manœuvrer un cata de plus de 15m avec un seul moteur entre des bouées serrées et des bateaux, c’est quand même un peu chaud mais on s’amarre à la bouée. Malin comme un renard, j’utilise ma caméra étanche et ma perche pour aller voir sous le bateau si on n’a pas pris une algue ou un sac plastique dans l’entrée d’eau… La caméra s’éteint immédiatement au contact de l’eau, j’avais mal refermé le capuchon étanche du chargeur… Il faudra en commander une autre ! J’invite l’équipage à partir en visite avec le paddle et moi je plonge sous le bateau mais ne trouve rien. Je descends dans la cale moteur tribord pour voir ce qu’il se passe, j’applique la méthode de ma grand-mère : je trifouille un peu tout et…  guess what ? Ça redémarre ! 1 fois, 2 fois, 3 fois, ça tourne comme une horloge ! Je suis trop fier et on peut aller fêter çà au resto. L’endroit est génial, c’est à 7 km de la première route, encerclé de roches ocres, il y a des vaches sur la plage, un château et des petits restos sympas.

Girolata a été ravagé par la tempête du 18 aout et il n’est pas certain que nous retrouvions cet endroit dans les mêmes conditions…

Le lendemain, le moteur tourne parfaitement jusqu’aux calanches de Piana où nous avons encore passé une journée magnifique même si le papi a failli emboutir l’annexe dans les grottes 😉

Le moteur ne redémarrera pas, il faudra le réamorcer régulièrement jusqu’à Ajaccio où un technicien interviendra avec une approche plus professionnelle. Il trouvera une prise d’air en sortie de réservoir, la colle ne résistant pas à la chaleur…  Ça commence à faire beaucoup en quelques jours.

Nous débarquons les papi-mamie qui reprennent le ferry pour Toulon et nous avons une grosse semaine tout seul pour aller chercher l’autre mamie à Olbia. On prend notre temps et on profite de nos sites préférés avant que la foule n’arrive : Roccapina, Bonifaccio, les Lavezzi, Piantarella ! La Corse, c’est beau partout, l’eau est magnifique, il fait beau, il fait chaud, personne ne nous attend nulle part et nous en profitons pour décompresser et nous reposer. On a quand même quelques petites bricoles à réparer, ou à régler mais rien de bien méchant… Nous allons en Sardaigne dans le sud des Maddalena pour aller récupérer la famille de Marion qui doit arriver en avion le dimanche 17 juillet. Transavia les préviendra la veille que leur vol est annulé ! La mamie est en feu, les vacances sont foutues, le plan était de les déposer à Cagliari la semaine suivante et d’y récupérer Corentin qui lui aussi avait eu quelques déboires aéronautiques. Un coup d’œil à la météo, une remontée à Ajaccio semble jouable le lendemain. On annule donc la Sardaigne et notre programme en Italie pour pouvoir accueillir tout le monde. La mamie a embarqué sur le champ toute la famille dans la voiture et roulé toute la nuit pour prendre le premier bateau du dimanche à Toulon !! 🤣

Nous avons fait une très jolie nav de 80 mn (150 km) en 7 heures et nous étions au port pour les accueillir à l’arrivée !

Après une dizaine de jours entre Corse et Sardaigne, nous les redéposerons à Porto-Vecchio. Le dessalinisateur fait des siennes et l’eau n’est plus buvable, il devrait tenir jusqu’à notre retour.  

Nous profiterons ensuite d’une semaine de teuf avec nos copains d’Outremer. Nous nous sommes retrouvés à Santa’Manza, nos 4 bateaux seuls au mouillage (Peems, Yeoma, Five et nous) dans un cadre magnifique, avec une plage rien que pour nous sur laquelle nous avons fait quelques soirées bien festives !  😉

C’était vraiment chouette.

Le dessal ne s’arrange pas et j’ai dû déconnecter une membrane (sur 3) car il ne produisait plus d’eau. Du coup on a un tuyau d’arrosage au milieu du bateau… Mais de l’eau dans les réservoirs !

Encore quelques jours et quelques jolis bords avec Corentin et Eva entre Corse et Sardaigne avec un super mouillage à La Pelosa puis nous sommes repassés à Ajaccio déposer Eva chez sa maman. La météo commençait à me tracasser nous étions derrière un front froid qui générait pas mal d’instabilité et les orages qui étaient restés jusque là sur la montagne venaient maintenant en mer avec des vents assez forts et difficilement prévisibles. Une jolie fenêtre d’Est se présentait et puis il fallait aller réparer le dessalinisateur pour lequel je venais de déconnecter la deuxième membrane, nous ne produisons plus que 20l/h.

Une dernière nuit à Chiuni sous les Orages durant laquelle Marion a géré seule la veille car, au contraire de moi, elle n’arrivait pas à dormir. C’est vrai que les vidéos étaient assez impressionnantes…. Je n’ai rien entendu…

La traversé s’est déroulée comme sur le plan avec 20 nds de vent ¾ arrière mais une houle assez croisée, nous avons mis une dizaine d’heures pour atteindre les iles d’Hyères avec un accueil exceptionnel de dauphins, une baleine et quelques thons qui sautaient à l’arrière du bateau !

Nous sommes à la fois contents d’avoir échappé à la tempête Corse et vraiment désolés pour les 50 bateaux qui sont partis à la côte. Car la tempête passée, ils ne sont pas sortis d’affaire, ils ne savent pas quoi faire des bateaux, les chantiers ne peuvent pas les accueillir et si les locataires sont rentrés chez eux les propriétaires qui, comme nous vivent sur leurs bateaux, ont dû rester présents pour éviter les pillages.  

Une journée pour réparer le dessal en mode Mac Gyver et encore quelques jours en baie de Hyères, surtout à l’Estagnol, avec les copains pour finir avec une nav de rêve afin ramener le bateau à la Grande Motte : petit air, pas de vague mais le bateau qui glisse à 8/9 nds le tout en un seul bord sous gennaker !

Le neuvage peut commencer (retour au chantier), il y a un peu de boulot pour les équipes Outremer avec une centaine de points correctifs. On croise les doigts pour que le bateau soit prêt pour notre grand départ le 13 septembre !

Ces deux premiers mois sont passés comme un éclair, on a un peu eu l’impression de rentrer de vacances en ramenant le bateau, nous avons tout bien rangé et nettoyé. La pression commence à monter avant le grand départ, là c’est pour de vrai, l’atlantique et quelques grandes navigations… Je peaufine mes outils de routages et relis mes cours de météo car nous nous attendons à d’autres événements météorologiques jusqu’à la sortie de la méditerranée.

A bord, tout va bien, nous avons pris nos repères, nous avons l’impression de maintenant bien connaitre le bateau et de le maîtriser. Elisa sait maintenant nager et elle a ses petites missions à bord : moteurs, quelques nœuds et la veille des filets de pêche.

Si nous avons des rôles plutôt bien répartis, nous nous devons d’être interchangeables, nous prenons toutes les décisions à deux et constatons que la confiance mutuelle commence à prendre un sens réel. Pour se rendre d’un point A à un point B cela constitue à chaque fois une analyse des conditions de vent et de vagues qui vont définir notre route et nos conditions de navigations : pas assez de vent, trop de vent, vent de face, vent arrière, houle croisée, … Nous confrontons nos lectures et décidons ensemble si nous partons ou pas. Le truc magique c’est qu’il n’y a jamais de tension sur ces sujets même si comme en voiture, j’ai parfois le pied un peu lourd sur l’accélérateur. 😉

Nous avons en tout cas le sentiment d’être prêts !

Ps: aucun bateau ne nous a doublé de l’été ! 🤣

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Enfin les vacances !

Nous savons bien que nous ne pouvons pas trop dire cela mais depuis que nous avons arrêté de travailler, nous avons l’impression de courir après le temps et d’être perpétuellement débordés, un peu comme quand nos parents nous expliquent qu’ils n’ont le temps de rien à la retraite…

Bref, nous n’avons pas vu passer le mois de juin.

Marion avait pris un peu d’avance en stoppant le travail le 15 mai mais elle a passé 15 jours dans les cartons, il fallait que le 29 mai tout soit chargé dans le camion pour partir à la Grande Motte.

Je pense que nous ne nous étions pas suffisamment préparés psychologiquement à la rupture avec notre vie professionnelle, et les derniers jours de travail ont été chargés d’émotion avec des témoignages inattendus de nos collègues et notamment de mes collaborateurs directs qui m’ont bouleversé au moment de la passation de flambeau avec mon copain Alain qui a l’amabilité de gérer la boutique pendant mon absence. J’ai donc fait ma petite déprime le dernier vendredi, au moment de faire les messages d’absence… Nos vies sont quand même organisées autour de nos jobs depuis toujours et mes collaborateurs sont au centre de mes préoccupations quotidiennes (et çà en fait pas mal 😉). Quand tout s’arrête d’un coup, on a un peu l’impression de sauter de l’avion en plein vol…

On a fini par réussir à charger le camion pour partir au chantier, un voyage épique avec une camionnette louée en low cost sans clignotants, sans radio mais surtout sans freins ! Ca fait partie de l’aventure et nous avons réussi à passer les descentes vertigineuses de l’A75 pour retrouver Corentin et notre bateau au port le dimanche 29/05 au soir. Il n’est pas encore à nous mais nous montons quand même à bord pour le plaisir. Il n’a pas encore été nettoyé et cela gâche un peu la fête mais il est magnifique !

A partir du lundi 30 mai, nous attaquons une semaine de formation Outremer Week, c’est notre 3ème et du coup l’occasion de retrouver les copains et d’arroser tous les bateaux récemment livrés.

Marion a passé la semaine a faire des manœuvres entre filles avec coach Flavia, elle s’est régalée.

Pour moi ce fut plus compliqué, j’ai fais 2 jours de médecine en mer et une journée d’électricité pour lesquelles j’ai eu du mal à me passionner tellement j’étais pressé de retrouver le bateau qui était utilisé pour la formation par une coach anglaise que je trouvais peu scrupuleuse et pas du tout avenante avec nous. J’ai même renoncé à une journée de coaching en mer tellement je ne voulais pas voir mon bateau sur l’eau utilisé par quelqu’un d’autre… J’étais donc pressé que cette première semaine se termine.

Heureusement, dés le samedi nous avions des journées de régates et nous étions à bord de Summertime avec nos amis Michel et Catherine (qui habitent notre maison à Voisins en attendant la livraison de leur Outremer), Maëlle et Magic Coach Marco issu de la voile olympique. Une fine équipe de régatiers 😉! Nous préparons discrètement le bateau et l’allégeons au maximum, notamment en enlevant l’annexe (le petit bateau moteur à l’arrière qui pèse super lourd). Le top c’est qu’en plus des propriétaires d’Outremer avec leurs bateaux, Roland Jourdain participe à la régate avec son We Explore, un 60 pieds en préparation de la Route du Rhum. Il est vraiment super sympa mais nous étions quand même motivés pour aller le chercher😉

Et première manche, première victoire !!!! 🍾

Nous en gagnerons 2 sur 6, en restant toujours dans le top 4. Nous avons passé un weekend de rêve qui se termine par une bonne fête le dimanche soir qui se finira tard dans la nuit avec une dernière tournée à bord de Summertime, mais chuttttt… Il ne faut pas le dire à Victor, le bateau n’était pas livré…

Le lundi a été dédié à la préparation du bateau par le chantier et au repos des futurs proprios.

Mardi 7 juin, le grand jour !!! L’assurance est validée et la société de financement a versé le solde, les clés sont à nous !!!!

C’est parti pour 4 jours de mise en main avec de la technique à bord le matin (électricité, mécanique, plomberie, électronique,…) et navigation l’après midi. Ce sera aussi beaucoup dédié aux interventions du service après-vente car le bateau n’est pas parfait, il reste encore pas mal de nettoyage a faire et des petits problèmes techniques à régler. Heureusement que nous n’avions pas prévu de partir tout de suite car c’est un peu comme quand on construit une maison, il faut faire revenir les artisans pour les finissions. Rien de grave et un super support de Stéphane qui se démène pour que tout soit parfait et nous quitterons la grande motte avec un bateau quasi parfait.

Au terme de ces 4 jours, nous avions décidé de prendre un coach 3 jours (samedi, dimanche et lundi ) et Aurélien a été au top nous avons commencé par faire toute la préparation et l’installation des équipements de sécurité qui nous avaient été livrés la veille par Uship face auxquels nous étions un comme une poule devant un couteau. Nous avons quitté LGM dans l’après-midi pour aller prendre un café en Espagne et vivre notre première expérience de navigation nocturne !

Aurélien nous a coaché sur la gestion de nos quarts et des passations d’information, ils est aussi resté près de Marion pour ses 2 premiers relais. La nuit s’est super bien passée, la mer était calme et le vent léger. La sensation est difficile à expliquer, il n’y a ni peur ni véritable appréhension mais un sentiment de plénitude à regarder les étoiles et l’eau qui file sous les coques du bateau. Ce sont de chouettes moments de méditation que je n’avais personnellement pas connus depuis longtemps.

Nous avions choisi de faire des quarts de 2 heures et c’est un peu court, le temps de s’endormir avec le bruit du bateau et il faut déjà se réveiller. Du coup Marion était un peu de mauvais poil le lendemain matin 🤣

Arrivés à Puerto de la Selva (très joli), nous avons pris un café, fait une sieste puis repris la route dans l’autre sens pour une arrivée en fin de soirée à Sète. Nous avons terminé le coaching par des tentatives peu fructueuses d’ascension du mat, ça viendra plus tard…

Mardi et mercredi matin retour à l’esprit chantier sur le port de LGM, on nous enlève un morceau de plafond, les housses des poufs et la barre pour nettoyage et d’autres équipes s’occupent de la plomberie, de la tension du trampoline et des tâches blanches sur notre jolie poutre avant noire.

Un dernier petit cours de manœuvres au port ave Marc pour s’assurer que nous sommes bien des pros de la manœuvre et c’est fini !

C’est avec un plaisir immense que nous avons accueillis mes collègues de travail pour une visite de Summertime. Mes collaborateurs nous ont couverts de cadeaux sur le thèmes de produits régionaux et assez bizarrement il y avait pas mal d’alcool 🤣

Après une petite balade en mer et un apéro au banc de sable de Port Camargue, nous avons passé une soirée mémorable qui s’est terminée très tard dans une boite de nuit improbable je me souviens avoir eu beaucoup de mal à regagner le bateau… Ce fut encore chargé d’émotion et n’a fait que confirmé à quel point j’aimais mon équipe et c’est rassurant de savoir que je les retrouverai bientôt !!!

Tôt le lendemain, nous prenons l’avion pour récupérer Elisa qui nous manque vraiment et fermer la maison pour un retour définitif au bateau le dimanche avec Cahuette (notre chat) qui sera bien de la partie.

Encore quelques bricole le lundi et nous quittons enfin La Grande Motte pour amener la bateau à Hyères ou nous avons invité la famille et les amis pour le baptême du bateau.

Nous ferons une grosse étape jusqu’au iles du Frioul avec une mer agitée et un vent de face qui ont un peu barbouillé les filles. Nous arriverons finalement jeudi après-midi à Hyères pour faire quelques bricoles à bord et préparer le bateau pour son baptême.

Le samedi a été la journée idéale: grand soleil, peu de vent et la mer à 27 ! Du champagne, un déjeuner de rêve à la plage d’Argent à Porquerolles et un retour sous voile avec nos proches, le rêve !

Le marathon est terminé, nous nous sentons prêts, en confiance avec le bateau et sommes assez fiers de nos manœuvres. Un grand merci à nos coach, ils ont vraiment été parfaits !

Nous avons pris un peu de repos avant de prendre la route de la Corse le mercredi 29 juin et débuter nos vraies vacances !

Cette première traversée fût l’occasion de nos premiers déboires… A suivre donc… 😉

Une mise à l’eau et des bobos !

Grosse émotion ce lundi 28 mars !

Beaucoup d’impatience et, bizarrement, d’appréhension à la veille de cette journée. Est-ce que tout va être ok ? est-ce que la grue va bien être là ? Où est le mat que je n’ai pas vu dimanche soir en arrivant ? Comment va rendre la déco ? Comment je vais réussir à filmer et à regarder ? Bref, je n’ai pas beaucoup dormi la veille de ce grand jour…

Du coup je me suis mis un peu de pression en ce lundi matin. Je crois que j’en ai mis aussi un peu à Marion et Elisa qui ne se sont pas trop rebellées, mais pas question de traîner, je voulais être bien sûr de ne rien rater !

A 8h30 nous étions devant la porte, le camion était en place et l’équipe technique s’affairait déjà à finir de préparer le bateau. Nous n’étions donc pas si en avance que cela 😉

Le bateau est magnifique mais nous ne sommes pas très objectifs !

En l’absence (regrettée) de Victor, Christophe nous a réservé un super accueil, merci à toi. Le temps de prendre un café et je sens monter un mélange d’émotion et de pression… Vite le drone, ou je me mets ? quel filtre ? quels réglages ? Zone protégée, il faut se déclarer à la gendarmerie, ouf c’est rapide… 9H00 le bateau sort tout doucement du hangar.

C’est vraiment juste au niveau de la place, je ne mettrai pas ma main entre le mur et le bateau… Bravo au chauffeur et au maître du guidage. Je me suis trompé de filtre sur le drone du coup les réglages ne sont pas bons et les images surexposées… Trop tard le bateau sort… Il est trop beau et vraiment imposant sur sa remorque !

Je n’ai déjà plus de batterie mais je pousse jusqu’à l’entrée du port pour faire la vue aérienne du passage du poste de garde… Sauf que j’ai oublié de filmer… Je relance la vidéo mais il faut vraiment que je me pose. La circulation est débloquée et il y a du monde de partout, je récupère machinalement le drone à la main, comme je l’ai fait 200 fois. Sauf que là je ne regarde pas le drone mais le bateau et je l’attrape par les hélices ce qui n’est pas du tout une bonne idée… Beaucoup de sang partout et de belles entailles. Intervention rapide de la sécurité Outremer et je dois être raisonnable, il faut recoudre : direction les urgences… Un grand merci à la personne qui m’a accompagné 🙏

Pour le mec qui ne voulait rien rater, c’est gagné👌

J’ai du coup suivi la mise à l’eau en Face-time. Heureusement Marion, Corentin et mon père ont pu profiter du spectacle en direct. C’est un vrai show, réglé comme du papier à musique, chacun sa mission, tout s’enchaîne à la perfection ! Bravo aux équipes et aux managers qui coordonnent ce balai çà à l’air aussi facile que de gréer un Dart 18 !

Je suis de retour à 14h00 pour assister au gréement et au montage des voiles. Je ne me lasse pas de le regarder. Cà risque d’être compliqué d’attendre encore 2 mois pour aller naviguer.

Le bateau est donc mis à l’eau dans les délais prévus et tout se déroule parfaitement. Chaque semaine nous attendons le vendredi avec impatience pour recevoir les photos de la semaine que je passe quelques heures à scruter. 😉 Merci Julien pour çà. Les photos sont ici

Il est possible de visiter le chantier autant qu’on le souhaite, ça ne pose jamais de problème et c’est vraiment agréable.

Nous souhaitons remercier à ce stade, tous les contacts que nous avons eu chez Outremer pour leur sympathie et pour savoir rendre les choses simples de Victor, notre commercial, à Agathe de la comptabilité sans oublier Matthieu, toute l’équipe marketing et Christophe pour nos échanges sur les réseaux…

Les nouvelles de l’équipage sont bonnes, Marion a brillamment eu son permis côtier et son CRR (radio) en ce début d’année 🙌 Elisa fait des cours d’Auto-Rescue en piscine qui lui donnent de plus en plus d’aisance dans l’eau. Elle sait maintenant sortir toute seule, rester en position de sécurité et appeler au secours. Nous préparons la maison pour nos futurs locataires et nous sommes presque au bout des listes de tout ce que nous avions a préparer. + Les doigts du capitaine ne tarderont pas à se remettre de leurs émotions.

🌍Au rayon écolo, nous avons supprimé toutes les bouteilles en plastique de notre quotidien (même au travail), nous faisons nos yaourts, notre brioche et notre pain, la vaisselle et le ménage sans produit (avec les éponges lavantes) et nous utilisons des savons et champoings bio et solides sans impact sur l’environnement marin. C’est vrai que ça fait un peu marrer les gens qui me connaissent depuis longtemps 🤣

Plus que 2 mois avant le grand départ, nous balançons entre impatience et angoisse au fil des jours. On se demande toujours si ce n’est pas une folie, le bateau est vraiment gros, est-ce que l’on y arriver ?

Cà va évidemment le faire et le prochain article sera rédigé du bord !!!

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Quand le rêve devient réalité !

Le temps parait long mais passe finalement tellement vite !

Depuis le mois de mai et notre première Outremer Week les questions et réflexions se sont succédées, nos avis ont évolués au fil du temps et des échanges avec les actuels et futurs propriétaires.

Outremer nous offre un accompagnement extraordinaire, à commencer par Victor notre Technico-Commercial qui, d’un calme olympien répond à toutes nos questions, étudie avec empathie toutes nos idées même les plus délirantes sans jamais nous prendre de haut et il accompagne nos multiples changements d’avis avec le sourire. Merci Victor !

Il faut dire que c’est un sacré casse-tête, il faut tout choisir !

  • L’électronique pour nous qui n’y connaissons rien a été un enfer : Triton ou H5000 ? Combien d’écrans ? On les met où ? Le satellite, le wifi, les antennes, les prises, combien ? Où ?
  • Les couleurs aussi ont été folklo: le bois, le sol, les tentures, le lazybag, l’auvent, les coussins intérieurs extérieurs, teck pas teck, la maille du trampoline…. J’avais dit à Marion de tout choisir mais en fait on a fait et refait à chaque fois que l’on voyait un nouveau bateau ou une nouvelle photo ! T’as vu celui-là ? C’est peut-être mieux ? Allo Victor, c’est quoi la couleur des coussins de « Piedra Libré » ? Allo Victor, tu peux me confirmer la couleur du Lazybag de « Engage » ?🤣 Il faut quand même dire que les nuanciers sont trop variés….
  • Les équipements: Gas ? Electrique ? Combien de batteries, comment on filtre l’eau ? L’annexe ? Le barbeuc, on le met où ? Et mon tuyau d’arrosage pour laver le pont ? Chérie, je crois vraiment qu’il faut rajouter un spi symétrique…

Bref, nous avons dépassé le budget max qu’il ne fallait surtout pas dépasser 😱 Mais on n’y est presque ! Nous passons à l’armement et prévoyons de passer 15 jours au Nautic de Paris pour choisir tout le matos de sécurité, les cartographies et les fringues… 😉 Il y aura aussi les caisses à outils à définir…

Le seul truc qui a été super simple c’est le pack médical grâce aux #VogMaBog, nous avons contacté le sympathique Docteur Délire de chez Médidistance qui propose des sacs sur mesure et çà va bien nous éviter de courir les ordonnances et les pharmacies !

Ne faisant pas exception à la règle, la déco du bateau aussi a évolué et voici la version finale :

Sinon, nous avons été studieux ! Une deuxième Outremer Week express en septembre a permis à Marion de faire de la couture sur pied de cochon et de découvrir les premiers diagnostiques médicaux, + pas mal de manœuvres en mer et un stage Ladies Only fin octobre. Elle prépare maintenant le permis côtier et le CRR (radio) pour occuper l’hiver. Nous faisons un sage météo/routage fin novembre.

Pour ma part, j’ai fait un stage moteur diesel, une journée électricité et une journée maintenance à bord avec Loïc Hélies du Voyage de Saga et je bosse le routage comme un fou sur la Transat Jacques Vabre !

Nous n’aurons jamais une connaissance parfaite sur tous les sujets mais je trouve que Loïc a bien résumé la situation en conclusion de sa formation :

« Ce qui te permet d’aller au bout c’est ton attitude plus que ta compétence »

Et puis le chantier a démarré ! Depuis le 9 novembre nous avons un morceau de bateau en vrai !!!

Le parcours aussi se précise, notamment pour que nos proches puissent commencer à se positionner pour leurs vacances 2022/2023, nous mettrons en place un Doodle agenda ! 🤣

Le parcours ici

Tout se précise et prend forme. Lorsque nous nous sommes lancés, nous n’imaginions pas plus de 20% de ce qui nous attendait et c’est ce qui rend le truc passionnant, le voyage aura du coup commencé bien avant que nous montions sur le bateau et c’est génial. Nous nous félicitons tous les jours d’avoir choisi Outremer pour l’accompagnement qu’ils proposent et pour le niveau des formation proposées, à consommer à volonté, elles sont inclues dans le projet du bateau. Ces rassemblements et les différents blogs nous permettent de rencontrer beaucoup de propriétaires et d’échanger sur nos doutes et nos idées. Nous avons d’ailleurs créé une petite communauté de 4 bateaux livrés au printemps 2022.

Avec le temps, notre approche du voyage évolue aussi et nous souhaitons y donner un sens en ayant une approche éco-responsable.

Nous allons produire notre eau potable en dessalinisant l’eau de mer avec l’énergie solaire, nous utiliserons des savons bio dégradables sans impact sur la mer. Nous testons des éponges en fibre nettoyante pour éviter tous les produits de nettoyage à commencer par le produit vaisselle, nous nous préparons, par exemple, à faire notre pain et nos yahourt à bord, afin de limiter au maximum les emballages et les contenants plastiques.

Nous espérons aussi pouvoir donner un peu de notre temps à une association de lutte contre les déchets plastiques en organisant des collectes ainsi que des opérations d’information et de sensibilisation : Sea Cleaners

Nous ne manquerons pas de vous donner des infos !

🌍 Prendre la mer, agir pour la terre !!

#chaquegestecompte

Sur un nuage

Sur un nuage, je crois que c’est ce qui décrit le mieux notre sensation au retour de notre première semaine de formation, l’Outremer Week ! Malgré l’annulation de la cup (régate de catas Outremer) et le décalage des cessions à cause des restrictions Covid, cette semaine a été largement au-delà de nos attentes.

Nous avons commencé par une journée de formation privée sur notre futur bateau, l’Outremer 51 coachés par Julien (le skipper officiel du chantier). Il y avait entre 20 et 30 nds de vent avec quelques claques à 34/35 nds (force 7), Idéal pour voir le comportement du bateau dans le vent soutenu. Nous avons été impressionnés tant par la sensation de glisse que par la douceur et le confort. C’est un régal à la barre, nous avons navigué sous solent et un ris dans la GV toute la journée avec quelques pointes à 17 nds, ce qui est la grande classe pour une première sortie et Papy Jack avait la banane des grands jours à la barre. Après la pause déjeuner à l’abri du banc de sable de port Camargue, au milieu des kites, nous sommes allés faire quelques manœuvres dans le port et Marion a fait ses premiers pas aux commandes! J’avoue que le bateau qui est très haut sur l’eau est assez impressionnant dans le port, mais très précis aux commandes.

Le lendemain, après un peu de théorie sur la prévention des risques en mer et les systèmes de sécurité, nous avons gouté l’eau du port en combinaison de survie en mode Télétubbies et craqué un canot de survie, ce qu’il est très rare de pouvoir réaliser car canot ouvert, canot foutu !

Pendant que Marion prenait la mer sur une session Ladies Only,  J’ai passé du temps sur l’équipement électronique à terre et en mer, notamment pour tester le pilote auto et le nouveau système Oscar (caméra thermique et RGB pour identifier les objets flottants ou animaux marins à l’avant du bateau ! nous avions la chance d’avoir avec nous les représentants de B&G qui équipe les bateaux et de Pochon qui fait les installations et les formations (1 jour complet) à la livraison. Top, sauf que j’ai encore des nœuds au cerveau car il faut maintenant valider le modèle de pilote, le nombre, la taille et le positionnement des  écrans et des commandes….

Les sessions de manœuvres en mer ou à terre étaient animées par des marins issus de la course au large comme Nikki Henderson ou Jean Pierre Balmès qui prépare la Jacques Vabres et la route du Rhum en classe 40 !

Marion a fait une journée météo avec un des 10 routeurs professionnels au monde, Michel Meulnet et nous avons du coup passé le voyage retour à analyser les nuages et à se demander si il y aurait du vent en dessous 😉 Nous gardons surtout le contact pour nous faire le routage retour et peut être même pour l’aller.

Une table ronde avec le dessinateur des voiles (Incidence) nous a permis de confirmer les choix que nous avions faits et pour finir un atelier matelotage exceptionnel. Je suis trop fier d’avoir réussi à faire des épissures, glissantes et bloquantes et d’avoir réalisé une manille textile !

Evidemment, le temps est passé trop vite et nous devrons revenir pour continuer à nous perfectionner en manœuvres mais aussi pour participer aux modules qui nous manquent, comme le médical, les moteurs diesel, l’électricité et l’entretien du bateau en voyage….

Les formations étaient top mais le fait de partager les déjeuners et les apéros sur la terrasse avec les autres stagiaires nous a permis de créer des liens et de partager nos réflexions sur les choix techniques. Mais nous avons surtout pu échanger avec des propriétaires et des ex tourdumondistes qui ont été une mine d’infos pour nous comme Bénédicte et Loïc du Voyage de Moby qui repartent pour trois ans sur le 55 n°1 . Nous avons quitté La Grande Motte enchantés, confortés dans notre choix du bateau, c’est vraiment le bateau idéal pour le projet. Le chantier, lui, nous offre un accompagnement précieux, nous avons un peu l’impression d’intégrer une famille. Nous avons été rassurés par la navigation à bord et sur notre aptitude à gérer le bateau en manœuvres comme en mer.

Le bonus de la semaine fut pour moi une matinée à bord de l’Outremer 55 n°1 avec Loïc, son propriétaire pour une démo de l’installation électronique 👌

Sur un nuage !